Le
NÉRON - N° 567
Entier, fils du Morvick anglais. Provenant
du haras du comte von Pless à Ivenach, il est appelé
Herodot par son propriétaire. Gris,
pommelé sur la croupe, ladre à la lèvre antérieure,
borgne de l'œil droit, une grosseur à la partie avant du
canon de l'antérieur montoir, une balzane au postérieur
montoir, nicté, courte-queue - 1,55 m. Lorsque le Mecklembourg
est occupé en 1806, les Français saisissent la propriété
d'Ivenach où se trouve l'Herodot.
Le 7 février 1807 (à la veille de la bataille d'Eylau),
il entre à l'Équipage de selle sous le nom du Néron,
hors d'âge. On dit que l'Empereur le monte, dès le
lendemain, au cours de la fameuse bataille. Entré au haras
impérial de Saint-Cloud, il effectue deux saisons de monte
en Normandie, de 1807 à 1808 ; ensuite, il retourne à
Saint-Cloud en 1809. On dit aussi que ce valeureux coursier accompagne
Napoléon dans Moscou en feu (où le cheval perd son
œil droit à cause d'une flammèche). En effet, en raison
de sa rapidité, Herodot est toujours
le cheval des situations particulièrement critiques. Passé
au Ministère de l'intérieur, il entre au haras d'Aurillac
le 21 août 1814. Arrivé de Paris, il entre au haras
de Tarbes le 25 septembre 1814 avec le n° 91. Le feld-maréchal
prussien Blücher, ami de la famille de Pless, entreprend des
recherches pour récupérer le précieux étalon
et sollicite sa restitution au Congrès de Vienne. Parti le
23 janvier 1818 à l'École Vétérinaire
d'Alfort pour y être vendu, Herodot
est retrouvé à Marseille, peu avant d'être embarqué
sur un bateau pour l'Afrique du Nord. Après son retour à
Ivenach, il effectue encore de nombreuses saillies jusqu'à
sa mort en 1828.