L'INGÉNU - N° 938/1633
Entier autrichien. Noir jais, légèrement en-tête, trois balzanes dont une petite hors montoir antérieur, tous crins - 1,47 m. Donné par Sa Majesté l'Empereur d'Autriche, il entre à l'Équipage de selle le 8 juin 1810, à l'âge de 5 ans. Surnommé le Wagram à la place de Mon Cousin parce que les maréchaux, appelés «Mon cousin» dans les lettres qui leur sont adressées par Napoléon, protestent contre cette assimilation involontaire ! Il participe à la campagne de Russie et a la chance d'en revenir. On dit que lorsqu'il voit son maître entrer dans l'écurie, il se met à hennir, à gratter le sol, à frapper du pied. L'Empereur alors s'en approche, un morceau de sucre dans la main, et l'embrasse en lui disant : « Te voilà, mon cousin ! » Il participe à la campagne de Saxe en 1813. Emmené par l'Empereur en avril 1814. Ramené de l'île d'Elbe, il retourne à l'Équipage de selle le 20 mars 1815 sous le nom du Wagram avec le n° 1633. Surnommé aussi l'Ingénu et le Marquis. Présent à Mont-Saint-Jean le 18 juin 1815, lors de la bataille de Waterloo. Passé aux Écuries du Roule le 8 novembre 1821 avec le n° 96.

L'Ingénu surnommé le Wagram représenté d'après nature par Horace Vernet en 1813. Huile sur toile 50,5 x 61,0 cm – signée en bas à droite (Collection privée). © Photo de l'auteur.

 

L'INTENDANT - N° 939/1728
Entier autrichien. Gris argenté, la lettre L sur la joue côté montoir, tous crins - 1,51 m. Donné par Sa Majesté l'Empereur d'Autriche, il entre à l'Équipage de selle le 8 juin 1810, à l'âge de 8 ans. Régulier d'allure malgré une légère boiterie, il est la monture des parades. Très apprécié par Napoléon pour son calme. Les grenadiers, qui l'affectionnent, le surnomment Coco. Indisponible pour la campagne de Russie. Emmené par l'Empereur en avril 1814. Ramené de l'île d'Elbe et retourné à l'Équipage de selle le 27 mai 1815 avec le n° 1728. Mort du charbon le 1er juillet 1819.

L'Intendant représenté d'après nature par Alexandre-Ivanovich Sauerweid en 1813. Huile sur toile 50,5 x 61,0 cm – monogramme en bas à gauche (Collection privée). © Photo de l'auteur.



Le NÉRON - N° 567
Entier, fils du Morvick anglais. Provenant du haras du comte von Pless à Ivenach, il est appelé Herodot par son propriétaire. Gris, pommelé sur la croupe, ladre à la lèvre antérieure, borgne de l'œil droit, une grosseur à la partie avant du canon de l'antérieur montoir, une balzane au postérieur montoir, nicté, courte-queue - 1,55 m. Lorsque le Mecklembourg est occupé en 1806, les Français saisissent la propriété d'Ivenach où se trouve l'Herodot. Le 7 février 1807 (à la veille de la bataille d'Eylau), il entre à l'Équipage de selle sous le nom du Néron, hors d'âge. On dit que l'Empereur le monte, dès le lendemain, au cours de la fameuse bataille. Entré au haras impérial de Saint-Cloud, il effectue deux saisons de monte en Normandie, de 1807 à 1808 ; ensuite, il retourne à Saint-Cloud en 1809. On dit aussi que ce valeureux coursier accompagne Napoléon dans Moscou en feu (où le cheval perd son œil droit à cause d'une flammèche). En effet, en raison de sa rapidité, Herodot est toujours le cheval des situations particulièrement critiques. Passé au Ministère de l'intérieur, il entre au haras d'Aurillac le 21 août 1814. Arrivé de Paris, il entre au haras de Tarbes le 25 septembre 1814 avec le n° 91. Le feld-maréchal prussien Blücher, ami de la famille de Pless, entreprend des recherches pour récupérer le précieux étalon et sollicite sa restitution au Congrès de Vienne. Parti le 23 janvier 1818 à l'École Vétérinaire d'Alfort pour y être vendu, Herodot est retrouvé à Marseille, peu avant d'être embarqué sur un bateau pour l'Afrique du Nord. Après son retour à Ivenach, il effectue encore de nombreuses saillies jusqu'à sa mort en 1828.

Le Néron, appelé l'Herodot par les Prussiens, représenté d'après nature par Horace Vernet en 1813. Huile sur toile 50,5 x 61,0 cm – non signée (Collection privée). © Photo de l'auteur.



 
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